Après avoir mené, être resté aux avant-postes et avoir de nouveau mené, BDO subit les attaques sur tous les fronts de ses concurrents et termine… 6e
Samedi 12 juin, la météo se sera montrée incertaine durant toute la semaine précédent la régate. Quel désagréable pressentiment que celui de s’attendre à des airs non établis imposant une improvisation totale du début à la fin de la régate.

Rien n’a bougé entre six heures et dix heures ce matin. Le ciel est gris, la couverture nuageuse inerte, le lac est plat comme sans vie. Cela signifie qu’il faudra tout faire pour prendre un bon départ et nous dégager le plus rapidement possible de la flotte afin d’éviter cet effet de cisaillement de l’air par les mâts durant les phases d’attente, de circling et de départ. Puis il nous faudra nous échapper, confirmer notre position et faire notre course en fonction de systèmes météo locaux (stratégie) rencontrés au fur et à mesure de la régate, variant au fil des baies et des reliefs, de la largeur du lac et des variations de températures. Alternatives… disons qu’il n’y en a pas, il faut que ça se passe comme ça et surveiller les poursuivants (la tactique).
En résumé : bien partir, s’échapper et limiter les risques en marquant ses adversaires.
La majorité du cahier des charges est couvert, nous naviguons même avec les multicoques, voire devant certains. Mais à trois heures du matin, alors que nous et notre principal concurrent Syz & Co avons passé la barge du Bouveret avec deux heures d’avance sur certains de nos adversaires, nous naviguons chacun de notre côté avant de nous retrouver dans cette nuit sans lune. Nous… tous ! Nos concurrents nous ont rattrapé avec des petits airs que nous n’avons pas eus et nous naviguons tous au contact. La question se pose alors : qui contrôler ? Jusqu’à présent, seul un bateau nous inquiétait vraiment et là, en pleine nuit, c’est le deuxième départ d’une régate à vue restreinte. Il faut choisir. Nous choisissons trois bateaux et délaissons les autres. Ce choix nous fait traverser le lac en son milieu tandis que les échappés se partagent la côte suisse et la côte française.
Au lever du jour, nous sommes derrière Sy & Co quand nous distinguons les autres dans le Petit Lac… devant nous.
Nous avons voulu jouer la prudence, il fallait prendre des risques, naviguer seuls près des côtes et le payons par cette sixième place. Bien commencer est une chose, bien continuer en est une autre, nécessaire pour passer la ligne d’arrivée avec succès. Félicitations à l'équipage du voilier Full Speed Swiss Inerim qui, pour 5 secondes, a failli de venir le premier monocoque français vainqueur du Bol d'Or.
Classement : 1er Oyster ; 2e, Swiss Interim ; 3e, Taillevent 2.
BDO participera à l'X de Sciez en septembre (la Transvalmont de Morges étant annulée pour les voiliers de classes LX-TCFX) et aux semaines du soir de Thonon et Evian en vue de faire découvrir la voile aux novices.